Archive pour la catégorie 'Cri primal'

01
juil
11

La colère

SO how do I feel today?

Still a bit sad and… angry.  Je ne sais pas trop pourquoi, c’est une colère sourde et diffuse, I feel like I’m angry at the entire world!

Elle disait, hier, qu’elle trouvait que j’avais beaucoup de colère. C’est vrai.  Trop de refoulement, je suppose.  À un moment donné, ça déborde.  Trop de compromis mène à la compromission. J’ai réalisé que plus je fais des compromis, plus je m’éloigne de mes principes, plus je m’éloigne de moi.  Moi je me respecte et moins je m’aime.  Et j’ai déjà assez de difficulté à m’aimer comme ça…  J’ai besoin de m’affirmer davantage, et tant pis si ça dérange! Oui, en ce moment, j’ai besoin de me foutre un peu de ce que pensent les autres, de leurs sentiments.  J’ai besoin d’être égoïste, pour un certain temps au moins.  De passer en premier, de faire ce qui me convient à moi, selon mes propres termes, selon mes envies à moi.  et surtout, de ne pas faire ce dont je n’ai pas envie avec des gens que je n’aime pas.  Et, oui, je trouve beaucoup de gens cons.

Elle craint que le fait d’avoir un chien m’éloigne des gens. Mais c’est tout le contraire!  J’ai plus de contacts avec les gens que jamais auparavant!  Ce ne sont peut-être pas des amis avec qui je sortirais la fin de semaine, mais ce n’est pas ce que j’attends d’eux de toute façon.  Ce sont des gens avec qui je peux partager sur une passion commune en particulier, nos chiens.  Et si ça m’éloigne des gens que ça n’intéresse pas, ou qui ne m’intéressent pas, c’est plutôt un plus à mon sens.

Donc, malgré la mise au point d’hier, je me sens encore blessée et fâchée. Et je pense encore qu’un peu de distance est nécessaire pour que l’équilibre se rétablisse entre nous.  C’est plate à dire,  mais je me sens mieux sans elle, actuellement.  Besoin d’air, besoin d’espace.

 

Besoin de hurler, aussi…

30
juin
11

La fin…?

Il faut parfois payer cher les leçons de la vie.  Et souffrir aussi.  Deux jours de larmes quasi-ininterrompues et 3 jours de digestion difficile… plus cette sensation d’être hors du réel…  l’impression que quelque chose est bien fini, mais l’incertitude face aux conséquences inévitables que cela entraîne…  tout est fini?  ou juste une partie?  comment continuer après cela?

Après quoi, au juste?

Après que les écailles me soient tombés des yeux.  Après que j’aie réalisé, avec tristesse/détresse, que 24 ans d’amitié ne signifie pas l’amitié à vie.  Et que ça ne garantit pas le soutien, la compréhension, l’empathie… en fait, ça ne garantit rien.  Mais tant de choses remontent à ma conscience, maintenant, tant de choses que je n’ai pas voulu voir, que j’ai écartées plus ou moins volontairement, dont je minimisais l’importance.  Vouloir plus que l’autre, par exemple.  Accepter des défaillances récurrentes, des impositions à sens uniques.  Parfois des mauvais traitements.  Excuser l’autre soi-même, pour ne pas que l’autre ait à le faire – de toute façon, l’autre ne le fait pas, l’autre ne se rend même pas compte de la déception que je vis.

Les cadeaux spontanés refusés…  Les reproches sur mon manque de disponibilité…  l’agacement même pas caché face à mon chien…  les projets à deux reportés aux calendes grecque… ou pire, réalisés avec quelqu’un d’autre!  L’omniprésence des nouveaux copains.  Devoir me plier à leurs activités si je veux la voir.  La voir changer en leur présence: la voir fumer, boire et être méchante envers moi.  Ne pas être défendue lorsque je suis agressée verbalement par un ami de son copain et même pire, être rendue responsable de la dispute!  Voir mes principes bafoués.  Je suis la vieille stuck-up qui a pas de fun dans la vie.  Sentir le reproche lorsque mes choix ne correspondent pas aux siens.  La sentir absente au téléphone parce qu’elle chatte avec quelqu’un d’autre en même temps qu’elle me parle.   Ne pas aimer ses nouveaux copains.  Sentir que je n’ai plus vraiment ma place auprès d’elle.  La soutenir lorsqu’elle est critiquée par sa famille, mais ne pas avoir son soutien en retour.

Bien sûr, je suis trop exigeante.

Bien sûr, je suis de mauvaise foi car elle  a fait beaucoup pour moi.  C’est vrai.  Quand j’ai besoin d’un coup de main, en général, elle est là.  La réciproque est vrai aussi.  Mais j’ai l’impression que ce n’est plus suffisant.

Mais c’est quand la dernière fois qu’on a eu un vrai fou rire ensemble?  ou qu’elle m’a accordé son temps sans compter?  sans avoir un autre rendez-vous derrière dont elle ne m’avait pas parlé avant de me voir?  La dernière fois où j’ai pu m’exprimer vraiment librement, sans craindre son jugement?    Je ne sais plus.

Sans compter les choses que je ne peux pas vraiment lui dire… comme que son copain ne va pas s’engager parce qu’elle a des enfants.  Je le sais, ça m’a été confirmé par un ami du copain en question.  Je fais quoi?  je ne lui dis pas et la regarde s’attacher de plus en plus, en vain?  ou je lui dis et essuie sa colère car, bien sûr, je serai jalouse de son bonheur, moi qui n’ai pas de petit copain?

J’ai besoin de distance, mais je ne sais pas si je suis prête à couper les ponts.  et je ne connais pas le chemin du milieu, qui préserverait un équilibre dans notre amitié.  Je ne sais pas comment faire. 

Une seule chose est sûre: je ne me sens pas coupable.  C’est rassurant.

 
 
 
 
11
sept
10

Ma chienne Billie Jean

Billie Jean à son arrivée chez moiDate: 22 août 2010. 

J’ai un petit chien depuis dimanche dernier (15 août). Une semaine déjà.  Un petit cocker épagneul femelle, noire et blanche, super jolie, joyeuse, sociable, curieuse, magnifique.  Je l’ai appelé Billie Jean. Ça faisait longtemps que je voulais un chien.  Je me suis toujours vue avec un chien (et une maison (ça va venir), une voiture (c’est fait) et un chum… oui, bon…).

Avant d’acheter Billie Jean, j’ai bien pesé le pour et le contre: les coûts, bien sûr, les visistes au vétérinaire, les cours, la nourriture, le temps à lui consacrer, les sorties quotidiennes au parc… Je me disais que ça serait génial, super, que je ne serais plus toute seule à la maison, que j’aurais une bonne raison de rentrer/faire le ménage/ me lever tôt…  que je partagerais tout ça avec elle.

Ça fait une semaine que je l’ai, et déjà trois crises de larmes.  J’ai tellement d’angoisse!!!! et je ne suis pas sûre de savoir d’où ça vient.  Bien sûr, quand je la mets dans sa cage et qu’elle pleure, je me sens coupable.  Je me demande tout le temps si elle m’aime, si je suis correcte avec elle, si je la nourris suffisamment, si je m’en occupe correctement.  Quand elle me jappe après ou grogne ou me mord, je me sens devenir si agressive que j’ai envie de la frapper (rassurez-vous, je ne l’ai pas fait.  Je l’ai enfermée dans la salle de bain 10 minutes pour me calmer, et quand je l’ai libéré, j’ai fondu en larmes car elle ne m’en voulait même pas)!  Je n’ai jamais été violente.  Je ne me reconnais pas.  Je croyais qu’il serait facile de l’aimer, mais en fait c’est autrement plus complexe.

C’est un peu comme quand j’étais à New-York, entourée de choses extraordinaires que je n’avais jamais vues avant et incapable d’en profiter vraiment.  C’était comme si je voyais la beauté des choses, mais étais incapable de l’apprécier.  Ben avec Billie, c’est un peu ça.  Je vois que c’est un petit chien extraordinaire, mais je n’arrive pas à avoir du plaisir avec elle.  J’ai pas de fun avec mon chien.  Je suis perpétuellement inquiète.  Quand je la sors, une fois sur deux elle ne veut pas avancer, et quand elle avance, je surveille qu’elle ne bouffe pas les cochonneries qui traînent sur le trottoir.  Quand elle joue, elle peut être super drôle!  Je le vois bien, mais je sens quand même un poids sur mon coeur.  Quand j’y pense, j’ai toujours envie de pleurer, et je ne sais pas pourquoi!  Les choses se passent objectivement plutôt bien, elle ne détruit pas tout dans la maison, jappe peu, fait parfois des pipis par terre, mais c’est normal à 2 mois, c’est un bébé qui ne peut pas se retenir. 

At some point, je suis déçue de moi, mais je ne sais pas pourquoi.  Objectivement (encore!), je fais ce qu’il faut, je m’en occupe plutôt bien, je fais des erreurs mais c’est normal, et depuis la salle de bain, je n’ai pas reperdu mon calme.  Alors pourquoi les sanglots me secouent-ils et les larmes coulent-elles?

Je connais une partie de la réponse: je me sens encore seule.  Peut-être même plus qu’avant, car seule avec une responsabilité supplémentaire, un petit chien.  Je pensais qu’avoir un chien me rendrait heureuse et ce n’est pas le cas.  En plus, quelque chose a changé dans ma relation avec ma meilleures amie depuis que j’ai Billie, mais je ne suis pas sûre quoi.  C’est sûr que je ne peux pas sortir autant le soir qu’avant, pas tout de suite en tout cas.  Un chien n’est pas un chat, on ne peut pas le laisser seul trop longtemps, surtout à 2 mois.  Pourtant je ne pense pas qu’elle me le reproche.  Mais je pense que ça l’agace de me voir si constamment préoccupée de Bille.  Je ne pense pas qu’elle comprenne les émotions que j’ai en moi.  Je ne les saisis pas moi-même alors…

Ma psy dit qu’au pire, si ça ne fonctionne pas, je pourrai toujours trouver une autre famille à Billie.  Mais je ne sais pas ce qui serait le pire si je le faisais: la culpabilité de l’abandonner, ou le soulagement de ne plus en avoir la responsabilité?  Cela m’horrifie.  Mais on en n’est pas là. Je veux me donner une vraie chance .

***Mise à jour***

3 semaines plus tard, tout va tellement mieux.  L’occytocine fait son effet!   Je m’attache à Billie, et une routine s’installe doucement.  Je l’ai emmené chez le vétérinaire pour ses premiers vaccins, ça s’est bien passé.  Par contre, elle a des vers, donc on traite avec un vermifuge spécifique à avaler.  On a commencé hier, elle l’avale sans rechigner, mais ce matin elle a été malade: diarhée et refus de s’alimenter.  Sans doute une petite indigestion, d’après la véto que j’ai appelée.  Elle dort beaucoup aujourd’hui.  Elle a mangé un peu cet après-midi, elle a bu beaucoup, et elle dort.  Pas trop d’énergie pour la balade, alors qu’il fait si beau dehors!  Dommage.

Il y a des jours où ça se passe super bien, elle est gentille, elle m’écoute, elle est câline… et des jours où c’est tout l’inverse, elle mord, jappe, griffe, grogne, s’entête, refuse d’obéir, bref, ces jours-là, je la donnerais!  Je pense qu’elle est dominante, il va falloir casser ça rapidement.

Ce qui m’embête le plus, c’est les jappements la nuit.  Cette nuit, elle a jappé sans discontinuer de 4h à 6h du matin!!!  Malgré le fait que je l’ignorais.  Bref, j’ai un manque de sommeil.  Elle me réveille super tôt: au début, c’était vers 6h15, puis 6h, puis 5h45, puis 5h, puis 4h50!  non mais!!!  C’est supposé être l’inverse!  Elle est supposée pouvoir se retenir de plus en plus longtemps la nuit, pas l’inverse!  m’enfin?!?!

Je me demande ce que ça va donner demain matin, vu qu’elle dort toute la journée aujourd’hui…  on verra bien.

Bref, tout ça pour dire que je l’aime super fort mais que c’est pas aussi facile et “magique” que dans mon imagination.

16
avr
10

What is wrong with me?

C’est-tu moi qui a pas compris comment ça marche ou tout le monde se fait passer avant les autres?  c’est-tu moi la conne, la seule qui attend, qui s’ajuste, qui tient compte…?  J’en ai marre!

J’en ai marre d’être celle qui attend, qui s’ajuste, qui tient compte!  J’en ai marre d’être celle qu’on oublie et qui répond, gracieuse (l’imbécile!) “c’est pas grave…”  J’en ai marre de compter pour des prunes, d’être quantité négligeable, disposable friend!  Marre qu’on me parle au téléphone en même temps qu’on chatte!  Marre qu’on interrompt la conversation toutes les deux minutes pour x-y-z raisons “Attends, y’a machin qui…”  “attends une seconde, y’a machine qui…”  Marre!  C’est-tu trop demander, votre attention?  Oserais-je réclamer votre affection?

J’en ai marre de me sentir seule, si seule que j’en pleure et j’étouffe, et parfois je ne sais même pas pourquoi!  J’en ai marre d’avoir l’impression d’être une personne le jour, une autre le soir, seule dans mon salon.  Marre de jouer pour la galerie. J’en ai marre de servir à tout le monde mais de n’être importante pour personne. J’en ai marre que ce soit toujours les autres qui soient en amour.  J’en ai marre de me trouver plate.  J’aime pas ça le hockey, pis j’aime pas ça les beuveries, qu’est-ce que tu veux que je te dise?  J’en ai marre de mon appartement en bordel permanent, et j’en ai marre du ménage!  J’en ai marre de cuisiner pour une personne!  J’en ai marre d’attendre qu’on m’écrive/me rappelle, en vain tout le temps.  J’en ai marre de modérer mes propos parce que j’ai peur de blesser les gens.  J’en ai marre d’avoir peur d’inquiéter ma mère parce que je file pas. J’en ai marre des sautes d’humeur.  Je suis morte de trouille de refaire une dépression/un burn-out, j’ai pas le goût, j’ai envie d’être une petite souris dans son trou, un ours qui hiberne, de rester dans mon lit et de ne plus me lever…  J’ai l’impression d’être une mascotte.

J’en ai marre de vouloir faire autre chose, mais je sais pas quoi, alors je fais rien, je fais comme d’habitude, mais ça ne me satisfait pas.  Ça ne marche plus.

Worthless.  The worst feeling in the world.  I thought I’d never feel it again.  I hoped. Guess I was wrong.

21
nov
09

Mon directeur est une lopette

Je me rends compte que ça fait un certain temps que j’ai écrit l’article précédent, concernant des jeunes qui me font du trouble.  La situation n’est malheureusement pas encore réglée…  Il y a eu du mieux mais… malgré mes interventions, celles de la direction et celles de l’éducatrice, j’ai encore des problèmes avec ces jeunes.  Ça me décourage et ça me bouffe toute mon énergie.  J’ai environ 340 jeunes répartis dans 10 groupes. J’ai de la difficulté avec 4-5  jeunes dans un groupe distinct.  Je ne pense pas que je doive remettre en question toutes mes stratégies pédagogiques et disciplinaires. Je pense qu’il est grandement temps que la direction intervienne plus sérieusement.

Mais voilà, tous les directeurs ne se valent pas.  Mes élèves sont répartis entre deux directeurs qui ne travaillent pas du tout de la même manière.  L’un est jeune, vif, énergique et efficace.  Je peux compter sur lui.  Il me soutient et prends des mesures qui ont un impact.  Mais l’autre…

L’autre est une lopette.  Une mauviette.  Pas de couilles.  Pas capable de se tenir debout pour ses profs.  Je ne sais pas de quoi il a peur, mais il ne veut pas se mouiller, ça c’est sûr!

  Résumé: j’ai une jeune fille, dans ce groupe qui déjà ne va pas bien, qui ne comprend pas le règlement interdisant la présence (sans parler de l’usage!) des cellulaires en classe.  Déjà, en début d’année, je le lui avais confisqué pour la période après l’avoir surpris à l’utiliser pendant le cours.  Je lui avais fait écrire un engagement à ne plus avoir son cellulaire en classe, engagement signé de sa main et de celle de ses parents.  Et bien entendu, j’ai écrit une note à son dossier dans l’ordinateur, accessible à la direction.

Bref, j’ai pensé: je suis couverte de tous côtés.

Ben ça a l’air que non!  Ç’aurait été trop facile de juste suivre et appliquer le réglement!!   Cette semaine, ma jeune fille ressort son cellulaire, dans les dernières minutes d’un cours assez houleux, merci beaucoup aux 4-5 élèves qui me font du trouble.  Quand je lui demande de me le remettre, elle refuse.  Je lui rappelle l’engagement qu’elle a signé, elle a un petit sourire contrit  donc je vois bien qu’elle s’en rappelle, mais elle refuse quand même de me le remettre.  Je lui dis alors que la direction s’en occupera, tant pis pour elle.

Selon le réglement de l’école, dans  le cas où un élève refuse de remettre son cellulaire au prof, c’est de l’insubordination et le cas se rend à la direction. C’est donc au directeur de faire les démarches: appeler les parents, convoquer la jeune, confisquer le cellulaire.  Alors quand j’ai appelé mon directeur-lopette au téléphone, il m’a dit d’appeler les parents (!) et de lui envoyer la jeune à son bureau au début du prochain cours pour qu’il lui confisque le cellulaire pour aussi longtemps que je le déciderai.  Yé! me suis-je dit, il n’est pas si pire que ça. Les rumeurs sur son compte n’étaient donc pas fondées.  Mais je n’ai pas le temps d’appeler les parents parce que c’est la rencontre de parents ce soir, ça ira à demain, me suis-je naïvement dit.

Le soir même, il vient me voir à la rencontre de parents.  Il me dit qu’il a appelé la mère de la jeune fille.  Super! me dis-je, il a déjà commencé les démarches.  Puis il me dit :” Mais la mère n’est pas d’accord qu’on confisque le cellulaire de sa fille, tu comprends, elle était fâchée, alors je n’ai pas trop insisté.  Je lui ai dit de relire le réglement de l’école, mais on va accepter sa fille au prochain cours avec son cellulaire. Par contre, si elle récidive, là on va lui enlever son cellulaire.” 

?????????  WTF????????

La mère n’est pas d’accord??  Mais on s’en fout de la mère!!  Et d’ailleurs, elle a signé un papier disant qu’elle était d’accord.  Et si elle n’est pas d’accord avec le réglement de l’école, qu’elle change son enfant d’école, c’est tout!

On agira à la prochaine récidive?  mais c’était DÉJÀ une récidive, imbécile!

Tu n’as pas insisté??  mais c’est ta job d’insister, de défendre tes professeurs, de monter au front pour eux!  Au lieu de cela, tu les laisses carrément tomber, tu mines leur crédibilité, tu sapes leur autorité.  Bravo!  Belle job, Monsieur Lopette! t’as eu peur d’une mère fâchée?!?!!  Mais qu’est-ce que tu fous à la direction?!?!?  Tu pourrais peut-être au moins engueuler la jeune fille, non?!?

Je vois déjà la scène au prochain cours:  aucune conséquence ne sera appliquée, la jeune fille va entrer en classe avec un petit sourire fendant de la victoire.

Et elle aura raison.  Sur toute la ligne (téléphonique). 

 Tout ça parce que mon directeur n’a pas de colonne, pas de couilles, pas de caractère. 

Une lopette.

28
oct
09

On n’a vraiment pas le droit de les étriper?

Vous êtes sûrs??  Parce que des fois, me semble que je me lâcherais lousse!!  Y’a des jours où je deviens plus catholique que le pape et le chapelet y passe au complet, trois-quatre fois d’affilé à part de ça!

Je n’entrerai pas dans les détails, parce que j’ai pas le goût de repomper, mais comment se fait-il que des jeunes, charmants lorsque pris séparément, puissent devenir des monstres d’insensibilité et de stupidité lorsque réunis?!??!?   Comment peut-on rire en regardant des images d’archives des pires tragédies que le 2oème siècle ait connu?  Guerres, génocides, camps de la mort, envahissement du Tibet, apartheid… c’est drôle ça??

Faut croire que je comprends pas… je dois être trop matante pour trouver matière à rire là-dedans.

Quand en plus, je te demande de sortir de classe et que tu t’obstines…. quand je dois aller jusqu’à arrêter le film pour qu’ENFIN tu sortes… quand dans le corridor tu parles en même temps que moi, tu continues de t’obstiner et tu trouves ça drôle en plus…  ben viens pas t’étonner de finir au bureau du directeur!  après une 4ème période.  Tu vas manquer ton bus?  devine à quel point je m’en soucie…

Pas le droit de les étriper… les fusiller alors?  les gazer?  après tout, ils trouvaient ça drôle sur  l’écran télé…

Je pense que je vais aller me faire un petit drink pour relaxer moi là…

13
sept
09

Ah! Je ris…

La ministre Courchesne vient de sortir un super plan en 13 points pour contrer le décrochage scolaire.  C’est dans les journaux…  bon. 

 Il y a des trucs bien :  réduire le nombre d’élèves par classe dans les écoles primaires… c’est bien, mais c’est pas nouveau et surtout, ça n’est pas appliqué.  Et tant qu’on permettra des dépassements au maximum autorisé, ça restera une promesse sans conséquence.  D’autres trucs bien: augmenter le nombre de prof-ressource au secondaire.  Ça aussi c’est bien.  Et en plus, ça marche plutôt bien, ce concept de prof-ressource, qui est libéré partiellement de sa tâche pour aider individuellement certains élèves à risque. Par exemple, les aider à s’organiser, à se motiver, à décider de ses priorités..  c’est très bien.  MAIS ces profs ne sont pas des orthopédagogues, orthophonistes ou psychologues.  Souvent, les cas qui leur sont confiés dépassent leur compétence et leur formation.   Tant qu’on intégrera sauvagement les cas d’élèves particuliers (EHDAA) dans les groupes réguliers, on aura ce genre de problèmes.  Et le plan de Mme Courchesne ne prévoit l’ajout d’aucun psychologue ou orthophoniste, même en milieu défavorisé.

Ce qui m’a le plus fait bondir dans les 13 mesures de Mme la Ministre, ce sont les 11 millions qu’elle veut octroyer pour les activités parascolaires.  Elle vient de réaliser que beaucoup d’élèves se sentent motivés à venir à l’école s’ils ont une activité autre qu’éducative qui les y attend.  Rappellons-nous que notre cher ministère ne reconnait PAS le temps que les profs mettent dans les activités aux étudiants, et que l’on considère que les profs DOIVENT faire du bénévolat, “ça fait partie de la job”, comme me l’a si bien fait remarquer une directrice l’an dernier.  Du coup, les profs refusent de s’investir dans ces activités pourtant cruciales pour la motivation des jeunes, parce que leur apport n’est pas reconnu.  Que fait donc la ministre en jouant sur les mots? Double langage?  Paradoxe?  ou bête naïveté?  Croit-elle vraiment que nous serons dupes?

Il y a belle lurette qu’on connaît la solution à tous ces maux: manque de motivation, décrochage scolaire, faible estime des élèves en difficulté, etc…  Une seule mesure toute simple règlerait tout ça: moins d’élèves par classe, à tous les niveaux et dans tous les milieux.  Qu’on limite à 15 élèves par prof au primaire et à 25 au secondaire, SANS AUCUN DÉPASSEMENT POSSIBLE,  et vous allez vite voir les résultats. Avoir  de plus petits groupes permettrait aux profs de cibler plus rapidement les élèves en besoin, de s’en occuper, de les aider directement.  Les élèves plus timides cesseraient de passer inaperçus.  Ils ne seraient plus de simples numéros de fiches.  On pourrait vraiment aller au fond des choses avec eux.  On pourrait plus rapidement diriger les élèves en difficulté vers les ressources appropriées. Le stress des profs diminuerait et ils seraient plus performants aussi.  Bref, tout le monde y gagnerait.

Alors pourquoi ne le fait-on pas?  On a longtemps invoqué comme raison le manque de locaux.  Mais en ce moment, on ferme des écoles partout, en région comme à Montréal.  Les locaux sont là!  Il est vrai qu’il faudrait embaucher plus de profs, et qu’en ce moment, on manque de candidats.  Mais je suis certaine que la profession redeviendrait attrayante pour nombre de profs “décrocheurs” qui reviendraient en constatant que leurs conditions de travail sont meilleures. 

On n’a aucune bonne raison de ne pas diminuer les ratios prof-élèves.  Aucune.

Sauf que c’est pas moderne, comme solution, ça n’a pas été pensé par les hauts fonctionnaires du ministère, ça ne fait pas aussi sérieux que leur fumeuse théorie du socio-constructivisme…

Ah oui!  dernière nouvelle: il paraîtrait que Mme la ministre Courchesne a décidé que l’on revenait à l’évaluation des connaissances dès septembre 2010…  Si elle avait vraiment des couilles, elle abolirait clairement la réforme en cours plutôt que d’avancer par en arrière, comme on dit.

Ah! Je ris… de voir tant d’hypocrisie crasse.  Et pendant ce temps-là, on scrape toute une génération d’étudiants.

12
sept
09

Canard boiteux

Je vous ai dit que je prenais 3 cours de danse cette session-ci?  deux ballet classique et un broadway?  oui?  Je vous ai dit aussi que j’avais super hâte de commencer?

Ben ça vient de tomber à l’eau.  Hier, je suis allée à un cours d’essai (ce sont les classes gratuites juste avant la session officielle, pour recruter les nouveaux) et je me suis claqué le mollet, et bien claqué en plus.  Résultat: je ne peux plus marcher… encore moins danser.  J’ai été remboursée.

Mais ça me fait suer!!  J’étais super motivée!  En plus, je me suis fait mal sur un mouvement banal, même pas pendant un truc difficile ou un saut ou quoi…  ben non, juste la réception d’une bête glissade.  J’ai senti mon muscle claquer, exactement comme un élastique qu’on tend au maximum et qui rompt.  Ayoye!!  On a mis de la glace tout de suite, et j’ai failli tourner de l’oeil 20 minutes plus tard…  “L’état de choc”, il parait.  J’étais incapable de mettre du poids sur ma jambe pour marcher… en fait, c’est bizarre, je peux pointer le pied, pas de problème, mais je ne peux pas le mettre flexe, ça fait mal.  C’est le muscle situé derrière le mollet qui est atteint ( le jumeau?).  Sans doute étiré, avec des petites déchirures dans les fibres musculaires. 

Or, qui dit pas pied flexe, dit pas capable de conduire.  Ben oui, le mollet droit.  Donc, à 10h pm, j’ai appelé mon grand frère à la rescousse, pour qu’il me ramène chez moi et m’aide à grimper la vingtaine de marches étroites et à pic qui mène à mon appartement.  Pénible!  Je n’osais pas trop m’appuyer sur lui car il a des problèmes de dos…  une éclopée, c’est bien assez!

Je me vois donc contrainte, en ce magnifique week-end ensoleillé, de rester chez moi. :(   J’alterne le froid et le chaud sur mon muscle.  Je me déplace en m’appuyant sur le dossier d’une chaise.  Mon amie V. est venue me voir aujourd’hui et m’a apporté sa canne, ça sera utile pour l’école…  si je réussis à conduire lundi.  Elle m’a fait un brin d’épicerie aussi.   Mes parents vont sans doute venir demain avec des tomates du jardin.  Une chance que j’ai de la famille et des amis!

Seule consolation: V. m’a aussi prêté son coffret DVD de Kaamelott!!!  :)

25
juil
09

Léonard de Vinci et l’eczéma

Vous connaissez Léonard de Vinci?  Autrement que par le film, s’entend?  Le grand homme de la renaissance, le peintre, le scientifique, l’inventeur…  bref, un homme admirable et en avance pour son époque.  Cet après-midi, je suis allée voir l’exposition qui lui est consacrée au 5ème étage du Centre Eaton en compagnie d’une amie, A-F, qui suit le même cours de ballet que moi.  J’étais contente d’y aller, car j’avais le souvenir d’une exposition vue quand j’avais 12-13 ans et que j’avais adorée mais à laquelle je n’avais pas tout compris, vu mon âge sans doute. Je me disais donc que j’allais pouvoir rattraper tout ça.  En plus, comme c’était au même endroit que l’expo sur le Titanic, que j’ai vue avec V. et que j’ai adorée, je m’attendais à la même qualité et au même sérieux.

 

Eh ben non.  Si vous voulez un conseil, n’allez pas dépenser vos sous là-bas.  Gardez votre 15$ et payez-vous un ciné avec pop-corn.  Ou un petit resto. Ou une bouteille de rosé.  Ou un t-shirt en promotion (c’est en plein le temps pour ça!).  Bref, quelque chose qui vous procurera du plaisir à la hauteur de votre 15 $.  J’ai été déçue, déçue, déçue.   C’était…  Je ne veux pas être méchante mais le qualificatif minable me vient à l’esprit.  Ok, c’est peut-être un peu fort.  Le mot arnaque aussi serait un peu fort, mais bon.  À moins de ne RIEN connaître en peinture, d’avoir des attentes moins élevées qu’un Schtroumphf, de n’avoir JAMAIS entendu le nom “Da Vinci”, de n’être jamais allé au musée ou dans une expo, bref, à moins d’être pétri d’ignorance crasse, vous ne sortirez pas tellement plus brillant de cette exposition.  La deuxième partie est toutefois plus intéressante que la première.

La première partie est consacrée à la peinture.  Da Vinci a peint quelques chef-d’oeuvres, quand même! La Joconde, la Dernìère Cène, et d’autres. Je me disais:” Wow!  Je vais voir de grandes oeuvres de la renaissance!”  Eh ben, non.

 1ère déception: il n’y a aucun vrai tableau sur les murs des salles.  Vous avez bien lu: aucun.  AUCUN!!!  Ce sont tous des reproductions sur toiles, même pas des copies peintes, mais des reproductions! des photocopies sur toiles, quoi!  et pas nécessairement des bonnes.  La Joconde que vous verrez ( ou pas,  ce que je vous conseille vivement), vous pourrez l’acheter à la mini-boutique à la fin pour environ 25$.  C’est la même!  J’imagine que ça leur coûte moins cher en sécurité ainsi. 

2ème déception: la paternité des oeuvres présentées est, dans la majorité des cas, controversée!!  On n’est même pas sûr que ce soit des tableaux de De Vinci!!  Dans plusieurs cas, on pense qu’il a seulement “contribué” au tableau, par une esquisse, ou en collaboration avec un autre peintre, ou encore en peignant un personnage seulement.  Attendez un instant: je suis dans une expo consacrée à Léonard de Vinci et on me présente des reproductions d’oeuvres dont les experts ne sont pas sûrs qu’elles sont de lui?!!??!  Et j’ai payé pour ça moi?!?!?!?!  WTF???  ou comme dirait S., “Qu’est-ce que le phoque?”.

La deuxième partie est consacrée aux inventions technologiques de Léonard de Vinci: ses machines volantes, ses études sur les engrenages, les poulies, les machines de guerre, etc.  Plus intéressante, elle présente principalement des maquettes réalisées à partir de ses dessins.  On nous présente aussi des photocopies (ben voyons…) de ses cahiers de croquis et de ses notes d’études.  (Je commence à me demander si le commanditaire principal de cette exposition ne serait pas Xérox, par hasard…).  Donc, cette partie-là est plus l’fun parce qu’on voit des objets qu’on n’a pas le droit de toucher mais on l’a fait pareil parce que, quand même, à ce prix-là, on veut avoir un peu de fun et anyway, c’est des reproductions…  il y a aussi un écran d’ordinateur qui montre comment les machines fonctionnent, mais le graphisme est d’une pochitude incroyable.  Ma nièce de 14 ans ferait un plus beau power-point que ça!  De plus, les panneaux explicatifs sont assez pauvres en information.  J’ai même vu deux fois le même panneau, mot pour mot, pour deux machines différentes! C’est dire.

Bref, on est ressorties très déçues (je vous l’ai-tu dit? j’étais déçue…) et pas tellement plus intelligentes.  Ce que j’ai trouvé de plus beau?  le gars du vestiaire.  Vraiment cute!  mais je ne suis pas sûre qu’il vaut 15$ (hon!).

 

Là, vous vous demandez: c’est quoi le rapport avec l’eczéma?  ben après, on est allé marcher au Vieux-Port, pour prendre une crème glacée, et je me suis rendue compte que je faisais une petite crise d’eczéma sous le pied droit.  D’habitude, c’est le stress qui me fait ça.

L’exaspération et la déception aussi, faut croire.

24
juin
09

De la notion de bénévolat, de vocation, et des abus qui en découlent

Vous voulez devenir enseignant. 

Vous trouvez que c’est un beau métier, vous aimez les jeunes, vous croyez que vous vous sentirez utiles, que vous serez valorisé par vos interactions avec eux, vos collègues et qui sait? même la direction!  Vous entretenez l’idée romantique que dans une école, tous oeuvrent dans le même but, soit développer le potention maximal de chacune des jeunes personnes qui vous est confiée.  Bref, vous sentez que vous avez la vocation.

Halte-là!  Prenez garde à ce mot: vocation.  En fait, bannissez-le de votre vocabulaire et revenez à des termes plus terre à terre tels que métier, profession, travail, job, qui supposent une juste rémunération de vos efforts et de votre TEMPS et qui ne portent pas à justifier les abus que vous subirez en leur nom.

Tu passes tes soirées et tes fins de semaines à corriger?  c’est normal, c’est une vocation.

Tu t’inquiètes d’un élève et ça te gâche ton plaisir? c’est normal, c’est une vocation.

Tu fais plus de récupération et de reprise d’examen que ton horaire le prescrit?  c’est normal, c’est une vocation!!

Et si tu ne fais pas tout ça…  quel genre de prof es-tu donc?  t’aimes pas ta job faut croire…  Comment ça t’as pas une demi-heure de plus à consacrer à tes jeunes en difficulté?  t’es donc ben pas dévouée!!

Vous voulez un exemple concret, réel et récent des abus que l’on peut subir au nom de la vocation?  en voici un.

Tout d’abord, vous devez comprendre que le temps de présence d’un professeur à l’école se divise en deux grandes catégories: le temps de présence-élèves, qui comprend les cours, les récupérations et les surveillances (d’examens ou autre, exemple gymnase le midi), et le temps de présence-école, qui comprend le travail de nature personnelle (correction dans le bureau), les réunions et les concertations en équipe-matière.  Grosso modo.  Ces temps sont calculés à la minute près et ne sont, EN PRINCIPE, pas interchangeables.  Autrement dit, quand on dépasse un temps de présence élève, on doit être compensé, soit en argent (mais vous pouvez toujours courir!!) soit en temps subséquent.

Situation: surveillance de 2 heures d’un examen d’histoire de 2 1/2 heures.  Après vos deux heures de surveillance, personne ne vient vous relever.  Il reste 4 élèves.  Vous restez donc, par VOCATION, afin de permettre à ces élèves de compléter leur examen, en vous disant que la direction vous compensera sur une autre surveillance de fin d’année.  Vous notez sur l’enveloppe d’examen que vous êtes restée une demi-heure de plus que prévu.  Vous le signifiez verbalement à une directrice adjointe(Brune), qui vous dit: “On verra”. 

Vous apprenez le lendemain qu’il y a eu une erreur dans l’organisation de l’examen, qu’aucun prof n’avait été prévu pour vous relever puisque l’examen devait durer deux heures, non deux heures et demi.

Quelques jours plus tard, vous recevez votre horaire de surveillance des examens de fin d’année.  Surprise!  On ne vous a pas ôté la demi-heure supplémentaire que vous avez faite.  Vous laissez un message écrit à la directrice adjointe responsable  des horaires (Blonde), puis un message dans sa boîte vocale quelques jours plus tard car vous n’avez eu aucune réponse.  Sur ce, vous recevez par courriel, en cc,  une réponse (notez que vous n’avez jamais eu la question) de l’organisation scolaire à la direction générale, concernant vos surveillances d’examens, où il est écrit que vous avez fait 120 min au lieu de 150, donc que VOUS devez du temps à l’école!!!  Vous répondez à tous en précisant que vous avez fait 150 minutes au lieu des 120 prévues, non mais sans blague, et vous commencez doucement à vous énerver.

Vous revoyez la première directrice adjointe (Brune) qui vous dit que de toute façon, on ne vous avait pas demandé le maximum de temps qu’on était en droit de vous demander, et donc qu’on ne vous doit rien.  Vous répondez que selon votre déléguée syndicale, on doit calculer le temps sur ce qui a été demandé, non sur ce qui aurait pu être demandé.  “Ah, tu as parlé à ta déléguée syndicale??”  Ben quin.  “Ah bon, alors viens me voir lundi avec une photocopie de ton horaire de surveillance et on  va s’arranger.”  Ah bon?  Donc, on ne “s’arrange” qu’avec ceux qui se renseignent sur leurs droits et les autres, on peut les exploiter, c’est pas grave?

Le lundi arrive.  Vous avez votre photocopie.  Brune n’est pas là, n’a pas le temps, bref, ne peut vous rencontrer comme prévu.   Vous avez une surveillance à faire, de 2 heures encore une fois.  Après votre surveillance, dans le bureau, les deux directrices adjointes concernées, Brune et Blonde, sont là.  Peut-être qu’on pourrait prendre deux minutes pour discuter de votre cas?  Blonde n’a pas le temps mais vous dit quand même que “de toute façon, vous êtes supposée travailler jusqu’à 16h30.  Comme l’examen finissait à 16h10, vous n’êtes pas en dépassement de temps.”  Euh, présence-élève, présence-école?  La distinction n’existe plus.  Sans compter que l’examen ne devait pas finir à 16h10, mais à 15h40, mais qu’ils ont fait une erreur.  Passons.

Brune tente de discuter avec vous. Après tout, il ne s’agit que de trente minutes, voulez-vous vraiment les obliger que refaire tous les horaires de surveillance?  Non, juste les vôtres, mais ça semble une tâche herculéenne, alors que vous savez pertinemment que les horaires sont conçus par un logiciel…  Vous dites que vous ne voulez pas nécessairement faire tout un plat avec trente minutes, mais que vous ne voulez surtout pas créer un précédent pouvant nuire dans le futur à vos collègues qui pourraient, éventuellement, se retrouver dans la même position.

C’est là que Brune vous assène le coup final. “Tu sais…”  Notez que vous la vouvoyez, mais qu’elle vous tutoie.  Vous êtes clairement son inférieur. “Tu sais, dit-elle, ça fait partie de la profession de faire du bénévolat de temps en temps.”

PARDON???

Ça fait PARTIE de la profession de faire du bénévolat!  Puisque c’est une vocation…  Vous êtes  tombée en bas de votre chaise (figurativement parlant, puisque vous étiez debout).

Qu’on se comprenne.  Vous en faites, du bénévolat, pour vos élèves, des récup supplémentaires, du temps de recherches pour faire des activités signifiantes et le fun, du scrabble le midi, des appels au parents le soir, des discussions après les heures de classe avec des élèves qui vivent toute sorte de problèmes (“Je suis trop jaloux, ma blonde veut me laisser à cause de ça, je fais quoi?”  “Ma mère veut me mettre à la porte, elle trouve que je prends trop de place, je fais quoi?”  “Mon chum menace de se suicider si je le laisse, mais je l’aime plus, je fais quoi?”  ” J’ai peut-être mis ma blonde enceinte, j’ai 15 ans, je fais quoi?”).  Qu’on se comprenne: vous n’êtes pas le prof qui fout rien, qui s’en fout, qui fait des examens à choix multiples parce que c’est plus rapide à corriger (mais vous sentez que vous allez le devenir…).  Vous en mettez  du temps supplémentaires.  Vous en faites du bénévolat.

Vous en faites quand ça vous arrange.  Quand vous le décidez.  Volontairement.

Pas parce que la direction s’est trompé dans ses horaires!!  pas imposé!!!  Ça, c’est de la tricherie, pure et simple.

Bref.  Finissons-en avec ce billet.  Vous êtes remontée plus que jamais, mais même votre déléguée syndicale vous dit de laisser tomber parce que comme vous êtes à contrat, vous ne serez plus là le 30 juin et le délai est trop court.  Ok.  Si votre déléguée le dit, vous obtempérez.

Deux jours plus tard, vous avez une surveillance de trois heures à faire, examen de math.  À la fin des trois heures, tous les élèves sont sortis, il y en a un qui revient, paniqué: il n’a pas fait la dernière question, qui était à part.  Il ne l’avait pas vu.  Vous refusez de lui laisser son examen puisque le temps est écoulé.  Il vous supplie.  Vous lui dites d’aller chercher un prof de math qui le lui permettra car vous ne pouvez prendre cette décision.  L’élève revient avec un directeur adjoint (Sympa).  Vous expliquez la situation à Sympa, il est d’accord pour que vous accordiez 10-15 minutes à l’élève pour qu’il fasse sa dernière question.  Vous regardez Sympa et lui dites, le plus calmement du monde: ” Moi je veux bien, Sympa, mais j’aimerais savoir comment va être comptabilisé ce temps supplémentaire, parce que j’ai déjà 30 minutes de bénévolat à mon actif.”  Sympa, sourire en coin (il doit être au courant de l’histoire), dit qu’il va assurer lui-même la surveillance.  Merci, c’es sympa.

Vous ne vous ferez  pas avoir deux fois.  Hit me once, shame on you. Hit me twice, shame on me.

Et dans tout ça, le plus navrant, au-delà de l’évidente mauvaise foi de la direction, c’est l’attitude qui a été démontrée.  Jamais on ne s’est excusé pour la bévue  dans l’organisation des horaires d’examens.  Jamais on ne vous a remercié d’être restée et d’avoir permis à 4 élèves de terminer leur examen.  Parce que si on se met à compter, vous auriez pu quitter la classe en disant: “Moi, j’ai fini mon temps, je m’en vais puncher ma carte.”

Un simple merci, et vous n’auriez pas fait tout un plat de trentes malheureuses minutes.  Les relations humaines et la direction?  Not their forte…




La Digresse

Juste moi, avec mes points de vue. Juste une envie d'écrire de temps en temps sur ces petits riens qui m'accrochent, sur ces mots détournés, sur ces instants fugaces... sur les digressions de la vie!

Commentaires Récents

Adrian Lee on Des (bonnes!) nouvelles de…
Flo on Le doute
Adrian Lee on Le doute
La Digresse on Et j’écris, aussi!
Flo on Et j’écris, aussi!

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.