30
juin
11

La fin…?

Il faut parfois payer cher les leçons de la vie.  Et souffrir aussi.  Deux jours de larmes quasi-ininterrompues et 3 jours de digestion difficile… plus cette sensation d’être hors du réel…  l’impression que quelque chose est bien fini, mais l’incertitude face aux conséquences inévitables que cela entraîne…  tout est fini?  ou juste une partie?  comment continuer après cela?

Après quoi, au juste?

Après que les écailles me soient tombés des yeux.  Après que j’aie réalisé, avec tristesse/détresse, que 24 ans d’amitié ne signifie pas l’amitié à vie.  Et que ça ne garantit pas le soutien, la compréhension, l’empathie… en fait, ça ne garantit rien.  Mais tant de choses remontent à ma conscience, maintenant, tant de choses que je n’ai pas voulu voir, que j’ai écartées plus ou moins volontairement, dont je minimisais l’importance.  Vouloir plus que l’autre, par exemple.  Accepter des défaillances récurrentes, des impositions à sens uniques.  Parfois des mauvais traitements.  Excuser l’autre soi-même, pour ne pas que l’autre ait à le faire – de toute façon, l’autre ne le fait pas, l’autre ne se rend même pas compte de la déception que je vis.

Les cadeaux spontanés refusés…  Les reproches sur mon manque de disponibilité…  l’agacement même pas caché face à mon chien…  les projets à deux reportés aux calendes grecque… ou pire, réalisés avec quelqu’un d’autre!  L’omniprésence des nouveaux copains.  Devoir me plier à leurs activités si je veux la voir.  La voir changer en leur présence: la voir fumer, boire et être méchante envers moi.  Ne pas être défendue lorsque je suis agressée verbalement par un ami de son copain et même pire, être rendue responsable de la dispute!  Voir mes principes bafoués.  Je suis la vieille stuck-up qui a pas de fun dans la vie.  Sentir le reproche lorsque mes choix ne correspondent pas aux siens.  La sentir absente au téléphone parce qu’elle chatte avec quelqu’un d’autre en même temps qu’elle me parle.   Ne pas aimer ses nouveaux copains.  Sentir que je n’ai plus vraiment ma place auprès d’elle.  La soutenir lorsqu’elle est critiquée par sa famille, mais ne pas avoir son soutien en retour.

Bien sûr, je suis trop exigeante.

Bien sûr, je suis de mauvaise foi car elle  a fait beaucoup pour moi.  C’est vrai.  Quand j’ai besoin d’un coup de main, en général, elle est là.  La réciproque est vrai aussi.  Mais j’ai l’impression que ce n’est plus suffisant.

Mais c’est quand la dernière fois qu’on a eu un vrai fou rire ensemble?  ou qu’elle m’a accordé son temps sans compter?  sans avoir un autre rendez-vous derrière dont elle ne m’avait pas parlé avant de me voir?  La dernière fois où j’ai pu m’exprimer vraiment librement, sans craindre son jugement?    Je ne sais plus.

Sans compter les choses que je ne peux pas vraiment lui dire… comme que son copain ne va pas s’engager parce qu’elle a des enfants.  Je le sais, ça m’a été confirmé par un ami du copain en question.  Je fais quoi?  je ne lui dis pas et la regarde s’attacher de plus en plus, en vain?  ou je lui dis et essuie sa colère car, bien sûr, je serai jalouse de son bonheur, moi qui n’ai pas de petit copain?

J’ai besoin de distance, mais je ne sais pas si je suis prête à couper les ponts.  et je ne connais pas le chemin du milieu, qui préserverait un équilibre dans notre amitié.  Je ne sais pas comment faire. 

Une seule chose est sûre: je ne me sens pas coupable.  C’est rassurant.

 
 
 
 


La Digresse

Juste moi, avec mes points de vue. Juste une envie d'écrire de temps en temps sur ces petits riens qui m'accrochent, sur ces mots détournés, sur ces instants fugaces... sur les digressions de la vie!

Commentaires Récents

Adrian Lee on Des (bonnes!) nouvelles de…
Flo on Le doute
Adrian Lee on Le doute
La Digresse on Et j’écris, aussi!
Flo on Et j’écris, aussi!

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.