Bilan de la semaine: si on fait le compte, j’ai accumulé 260 minutes en temps supplémentaire. En plus de mes tâches régulières, en plus de mon temps obligatoire à l’école, bref, du vrai de vrai temps supplémentaires. Ça fait 4 heures et 20 minutes.
Ça l’air moins gros en heures qu’en minutes, hein? On se dit : « Bah! c’est pas si grave, c’est pas tant que ça, faut pas chialer pour si peu ». ok. Sauf qu’il faut garder en tête que j’ai fait cet exercice sur une semaine ordinaire. Pas une semaine en fin d’étape, avec la correction et la rentrée de notes. Pas une semaine avec des réunions, des formations et autres assemblées générales. Pas une GROSSE semaine. Une semaine ORDINAIRE! alors 4h20 de plus dans une semaine ordinaire, ça se traduit facilement par 10h de plus dans les GROSSES semaines, celles où on part de l’école à 19h parce qu’on a corrigé les examens, et qu’on en emporte à la maison parce qu’on n’a pas fini.
Supposons que nous n’ayons que de petites semaines (je sais, je sais, on rêve…), et supposons (pour que le calcul soit plus simple) qu’il n’y ait que 4h de temps supplémentaires par semaine. Sur 30 semaines, ça fait quand même 120 heures qui ne sont pas payées.
Et on trouve normal que les profs travaillent aussi le soir et la fin de semaine à la maison! Et on trouve qu’ils sont grassement payés! Je ne connais pas beaucoup de gens qui accepteraient de travailler 120 heures bénévolement, parce que « c’est une vocation, l’enseignement! ». (Je n’en peux plus de l’entendre, celle-là!) Quand à trouver que les profs sont grassement payés… le Québec est une des provinces où les salaires des professionnels de l’enseignement sont les plus bas au Canada. Si j’enseignais à Edmonton, j’empocherais près de 10 000$ dollars de plus annuellement pour le même travail. Et si c’était au Nunavut, ça serait presque 20 000$ de plus! Alors il faut arrêter de charrier un peu, là…
Je réaffirme néanmoins mon amour pour mon métier. J’aime enseigner, j’aime mes jeunes, et oui, j’aime leur consacrer du temps. Je me sens valorisée par la confiance qu’ils m’accordent, et j’arrive même à me sentir utile à mon prochain (ce qui pour moi est très important pour me sentir bien). Mais j’aimerais que mes efforts pour accomplir mon travail de manière optimum soient reconnus par mes patrons, et pas seulement d’une tape dans le dos ou d’un bravo lors de la semaine des enseignants. La reconnaissance monétaire aussi, ça compte. Les conditions de travail, encore plus.
Surtout qu’on est en négociation. On verra ce qui en ressort….
Commentaires récents