06
fév
10

Bilan

Bilan de la semaine: si on fait le compte, j’ai accumulé 260 minutes en temps supplémentaire.  En  plus de mes tâches régulières, en plus de mon temps obligatoire à l’école, bref, du vrai de vrai temps supplémentaires.  Ça fait 4 heures et 20 minutes.

Ça l’air moins gros en heures qu’en minutes, hein?  On se dit : « Bah! c’est pas si grave, c’est pas tant que ça, faut pas chialer pour si peu ».  ok.  Sauf qu’il faut garder en tête que j’ai fait cet exercice sur une semaine ordinaire.  Pas une semaine en fin d’étape, avec la correction et la rentrée de notes.  Pas une semaine avec des réunions, des formations et autres assemblées générales. Pas une GROSSE semaine.  Une semaine ORDINAIRE!  alors 4h20 de plus dans une semaine ordinaire, ça se traduit facilement par 10h de plus dans les GROSSES semaines, celles où on part de l’école à 19h parce qu’on a corrigé les examens, et qu’on en emporte à la maison parce qu’on n’a pas fini.

Supposons que nous n’ayons que de petites semaines (je sais, je sais, on rêve…), et supposons (pour que le calcul soit plus simple) qu’il n’y ait que 4h de temps supplémentaires par semaine.  Sur 30 semaines, ça fait quand même 120 heures qui ne sont pas payées. 

 Et on trouve normal que les profs travaillent aussi le soir et la fin de semaine à la maison!  Et on trouve qu’ils sont grassement payés!  Je ne connais pas beaucoup de gens qui accepteraient de travailler 120 heures bénévolement, parce que « c’est une vocation, l’enseignement! ».  (Je n’en peux plus de l’entendre, celle-là!)  Quand à trouver que les profs sont grassement payés…  le Québec est une des provinces où  les salaires des professionnels de l’enseignement sont les plus bas au Canada.  Si j’enseignais à Edmonton, j’empocherais près de 10 000$ dollars de plus annuellement pour le même travail.  Et si c’était au Nunavut, ça serait presque 20 000$ de plus!   Alors il faut arrêter de charrier un peu, là…

Je réaffirme néanmoins mon amour pour mon métier.  J’aime enseigner, j’aime mes jeunes, et oui, j’aime leur consacrer du temps.  Je me sens valorisée par la confiance qu’ils m’accordent, et j’arrive même à me sentir utile à mon prochain (ce qui pour moi est très important pour me sentir bien).  Mais j’aimerais que mes efforts pour accomplir mon travail de manière optimum soient reconnus par mes patrons, et pas seulement d’une tape dans le dos ou d’un bravo lors de la semaine des enseignants.  La reconnaissance monétaire aussi, ça compte.  Les conditions de travail, encore plus.

Surtout qu’on est en négociation.  On verra ce qui en ressort….

06
fév
10

Jour 5

Dernier jour de la semaine: à 4h20, je serai en congé pour deux jours!!!  Yééééééé!!!  Mais avant:

Aujourd’hui au programme: 3 périodes d’enseignement.  J’ai une période libre que j’aimerais mettre à profit en décorant la classe pour la St-Valentin.  Les élèves aiment bien quand la classe est décorée, ça fait accueillant et chaleureux.  Et comme je ré-utilise les décos de l’an dernier, ça ne me coûtera pas cher (par contre, l’an dernier, ça m’avait coûté quelques sous!).

MAIS… encore une fois, un imprévu.  À la première période, j’ai expulsé un élève pour insolence.  J’avais en outre une dizaine de retard à gérer.  J’ai donc utilisé la période libre pour faire un rapport  concernant l’expulsion, plus des courriels aux directions concernées.  Ensuite, j’ai perdu une demi-heure à inscrire les élèves en retenue parce que le système informatique a planté, il a fallu TOUT recommencer ( ce système-là n’est pas du tout user-friendly.  Il faut recommencer toute la procédure pour chaque élève qu’on veut inscrire en retenue: sortir du programme, y re-rentrer, retaper le mot de passe, re-sélectionner la journée de retenue, re-donner le travail à faire…  irritant au possible!).  Bref, pas de temps supplémentaire, mais plus de temps pour rendre la classe plus agréable en la décorant.

Oh well… ça ira à lundi.

À noter aussi: c’est la seule journée de la semaine où j’ai eu le temps d’aller chercher mon journal à la bibliothèque qui est à l’autre bout de l’école.

Total: 0 minutes.  Pour une fois! lol

Bonne fin de semaine!

06
fév
10

Jour 4

Je sais, je suis un peu en retard dans mes articles…  désolée!

Donc, jour 4, journée ordinaire, 3 périodes d’enseignement, rien de particulier en vue…  Je me dis « Chouette!  J’ai pas la dernière, je vais pouvoir partir un peu plus tôt! »  Ça arrive tellement rarement!

Mais… c’était sans compter sur E., une élève de l’an dernier, qui me demande à la pause du matin si elle peut dîner avec moi car elle voudrait me parler car ça ne va pas très bien…  Mais bien sûr, E., bien sûr.

Donc, E. et moi avons dîné dans mon local où elle m’a raconté ses déboires: son chum qui l’a laissé, ses amies qui s’éloignent de plus en plus pour différentes « raisons », elle se sent un peu seule mais surtout en colère.  Sa meilleure amie l’a « trahie » et lui a menti, bref, sa vie et ses repères ont été chambardés, au point où elle se demande si ça vaut la peine de faire confiance aux gens…  J’ai beaucoup d’affection pour E. : c’est une fille vive, brillante, gentille, franche, généreuse, créative…  Je l’ai donc écoutée, et j’ai essayé de la rassurer.

Ensuite, journée normale.

Total: 60 minutes

À demain!

03
fév
10

Jour 3

Aujourd’hui, au programme: 3 périodes d’enseignement plus un midi de scrabble (en surplus).

Tous les jours 5, le midi, des élèves viennent jouer au scrabble dans mon local, généralement avec moi.  Cela fait deux ans maintenant.  L’an dernier, à 24 périodes, ça pouvait passer dans mon temps de surveillance d’activité.  Mais cette année, à 28 périodes, je n’ai pas de surveillance à mon horaire.  Je maintiens quand même l’activité pour ces élèves qui ne manquent pas de venir, chaque jour 5, passer leur midi ensemble et jouer avec les lettres.  En plus, c’est bon pour le français, non?  Comptez 60 minutes.

Pour le reste de la journée, côté temps, que de l’ordinaire.  Côté tâche par contre…  à la 3ème période, j’étais dans ma classe à faire de la planification pour l’étape 3 (et à m’arracher les cheveux de la tête: trop de matière, pas assez de temps).  J’ai vu passer un de mes élèves dans le corridor au début de la période. Il était en retard et avait l’air malheureux comme les pierres.  Il m’a dit rapidement que sa blonde l’avait laissé le matin même et qu’il s’était fait sortir de ses cours du matin parce qu’il pleurait en classe…  Je le connais depuis deux ans, je le sais très attachée à sa copine et je sais aussi que leur relation n’est pas facile car la famille de la jeune fille n’est pas très ouverte à l’idée des relations amoureuses à l’adolescence.  C’est une situation très pénible pour elle, déchirée entre son amour pour son copain et son amour pour sa famille.  Bref, ce matin, elle décide d’arrêter la relation.  Après un petit mot d’encouragement, j’enjoins mon élève à se dépêcher d’aller en classe et me remets à ma planif.  Environ une demi-heure plus tard, il revient et me dit qu’il a parlé à sa copine et qu’ils ont repris!  (quand est-ce qu’ils ont fait ça, alors qu’ils étaient tous deux dans des classes différentes?  Mystère!) Je le sens heureux  mais quand même bouleversé par toutes les émotions qu’il a vécues en peu de temps.  Nous avons discuté une dizaine de minutes, et j’en étais un peu étonnée car c’est un garçon en général très réservé, qui parle peu, qui montre très peu ses émotions…  et il semblerait que ce soit une partie du problème justement.  Nous avons même évoqué la possibilité qu’il consulte la psychologue pour apprendre à mieux vivre et exprimer ses émotions.  Puis il est retourné en classe (d’ailleurs, comment se fait-il qu’il en soit sorti?  mystère….).

Bref, vous pouvez constater que mes tâches ne comprennent pas seulement ce qui a trait à l’enseignement d’une matière (planification, transmission, évaluation) mais aussi (oserais-je le dire?) ce qui a trait à l’humain: écoute, compréhension, soutien, référence aux ressources appropriées.    C’est un aspect important de mon travail, et on l’oublie souvent.  Nous (les enseignants) travaillons avec des humains, des individus, des personnalités en évolution, à coup de 32 par groupe, pendant 75 minutes, 3 ou 4  fois par jour.  Gérer une classe, c’est gérer des caractères, des egos, des insécurités, des boules d’énergies, des yeux en point d’interrogation devant la vie, des coeurs blessés aussi.

C’est pas toujours facile.

Total: 60 minutes.  Je ne compte pas l’intervention auprès de l’élève car c’était dans une période de temps où j’avais l’obligation de me trouver à l’école.

À demain!

03
fév
10

Jour 2

Aujourd’hui, on commence la journée avec de l’overtime!!

Ça fait plusieurs  mois que l’infirmière, la psychologue et moi parlons de planifier une activité d’éducation à la sexualité pour les secondaires 4 et 5, mais on n’avait jamais le temps de se rencontrer.  Finalement, aujourd’hui, nous étions toutes libres à la première période et avons pu faire notre première réunion sur le sujet.  Comptez 75 minutes d’overtime, car je n’avais pas l’obligation d’être à l’école à ce moment-là, et je n’ai pas été libérée d’une période d’enseignement régulière.

Ensuite, la journée s’est déroulée normalement…  3 périodes correctes.  C’est pas tous les jours!  les élèves étaient plutôt attentifs en général, sauf quelques cas qui, à leur habitude, ont monopolisé mes interventions.  Dans un groupe en particulier, j’ai décidé que le travail d’équipe était suspendu jusqu’à nouvel ordre.  Ça ne leur a pas plus.  Ben voyons.

Ah oui!  Et je suis restée environ 15 minutes de plus à la fin de la journée car un élève m’avait dit qu’il passerait me voir, mais il ne s’est finalement pas présenté.

Total: 90 minutes.

À demain!

02
fév
10

Jour 1

Petite journée, somme toute…

Je suis arrivée à l’école 40 minutes à l’avance, alors que je dois y être 20 minutes à l’avance, officiellement, mais je voulais revoir mon plan de cours.

Trois périodes d’enseignement qui se sont bien déroulées.  Dans l’un des groupes, je réintégrais un élève que j’avais expulsé la semaine dernière, puis rencontré avec la direction.  Cela s’est très bien passé, j’étais contente!  Mon dernier groupe était un peu amorphe…  mettons ça sur le compte du syndrôme du lundi.  lol  Je suis restée environ 20 minutes après les cours, histoire de jaser un peu avec un ancien élève que je n’avais pas vu depuis plusieurs semaines.  C’était sympa.

Sur l’heure du midi, j’ai fait reprendre un oral à un élève qui était absent le jour de l’examen pour cause de compétition sportive.  Ce 10 minutes-là est vraiment en plus car ce n’était pas mon midi de récupération officielle.  Mais bon.  On va pas chipoter pour 10 minutes, n’est-ce pas?  (ironie ici…)

Ah oui!  On a enfin reçu le deuxième extrait du cahier de secondaire 5.  Oui, vous avez bien lu, extrait.  Voyez-vous, on applique la réforme en secondaire 5 cette année.  Mais comme par les années passées, les maisons d’édition ne sont pas vraiment prêtes… alors au lieu d’avoir un cahier complet depuis le début de l’année, on reçoit des extraits contenants deux-trois chapitres à la fois…  super motivant.  Et surtout largement insuffisant.  Donc, en secondaire 5, on passe BEAUCOUP de temps à élaborer du matériel didactique, et ce, très souvent en-dehors de nos heures « officielles ».  Ça adonne juste que c’est pas cette semaine.

Quand on vous dit que l’application de cette réforme est improvisée… voire pitchée.  Garochée!

Total: 50 minutes.

À demain!

30
jan
10

Viva la salsa!

J’ai oublié de vous dire que j’ai eu le feu vert de ma physiothérapeute pour reprendre les cours de danse!  yé! 

Ça fait donc déjà deux semaines que je suis un cours de salsa et autres danses latines.  C’est super!  et ça fait un bien fou!  Le mollet se sent fatigué après, mais ça va, avec des massages, des étirements et de la chaleur, il se remet bien.

Pourquoi la salsa?  Parce que pour l’instant, le ballet ce n’est pas encore une bonne idée.  Trop technique.  Peut-être pour la session de printemps, ou d’été… on verra rendu là. En attendant, toutes les semaines j’apprends à me laisser guider!  lol pas facile quand on est habituée à diriger!    Mais très agréable de se laisser aller pendant une heure et quart!

Viva la salsa!

30
jan
10

Faisons une expérience

Voilà, j’ai eu une idée.  Puisque nous (les enseignants) sommes en négociations avec eux (les commissaires et la ministre), et que les conditions de mon travail sont en jeu, je me suis dit que j’allais tenter de voir, sur une semaine normale, quelle est ma tâche exactement. 

 Sur une semaine normale, parce que si je l’avais fait la semaine passée, avec deux journées pédagogiques, la correction des examens et la rentrée de notes que je viens de terminer de chez moi (on est samedi!), c’est clair que j’ai travaillé plus que les 35 heures que l’on me reconnaît.

Donc, faisons l’expérience: pendant une semaine, je vais noter chaque jour mon emploi du temps ordinaire et aussi, bien sûr, les cas particuliers qui ne manquent jamais de survenir à l’improviste…  du genre l’élève qui vient te poser des questions sur ta pause, ou sur l’heure du midi, ou après les cours.  Mais rarement en récupération!   De toute façon, comme je ne dispose légalement que d’une heure de récupération par neuf jours…  pour environ 320 élèves…

Je vais aussi noter les conditions du genre: la température de la classe.  Vendredi, j’avais de la neige le long des fenêtres… à l’intérieur, bien sûr.  Les fenêtres sont vieilles, les caoutchoucs arrachés, bref, elles ferment mal, ne sont pas étanches.  Quand il fait -15 C dehors et qu’il vente en direction de la classe…

Bref, on commence demain!  Je sens que ça va être joyeux!!!

03
jan
10

Résolution d’Halloween

Juste pour vous tenir au courant.  C’est fait!!  J’ai vu mon charmant (et très mignon!) banquier et nous avons établi un plan d’épargne qui devrait me permettre d’avoir une mise de fond suffisante pour acheter une maison/un condo d’ici 2 à 3 ans.

Je suis contente!!

03
jan
10

Les chips au vinaigre

J’en avais pas acheté depuis 6 mois.  En fait, depuis 6 mois, ma ligne de conduite est: « N’en achète pas, mais fais-toi plaisir quand il y en a dans les partys, 5 à 7 et autres réunions ». 

Le 1er janvier au soir, j’ai décidé de faire une entorse à la règle.  Une fois aux 6 mois, c’est pas exagéré je trouve!

Conclusion?  C’est donc bon, des chips au vinaigre!!  mais prises en grande quantité, ça te laisse la langue sensible et râpeuse pendant au moins 2 jours! lol

Bref, j’ai bien savouré, sans culpabilité aucune, et maintenant je reviens à ma ligne de conduite précédente.   À dans 6 mois, chères chips!




La Digresse

Juste moi, avec mes points de vue. Juste une envie d'écrire de temps en temps sur ces petits riens qui m'accrochent, sur ces mots détournés, sur ces instants fugaces... sur les digressions de la vie!

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